Contrastes

À Ali notre chauffeur de taxi qui nous a ouvert les yeux avec douceur et réalisme, et à Romain pour nos passionnantes discussions et son sens de l’accueil façon « c’est pour moi, c’est cadeau! »…

BO du texte: « Ibrahim » des toujours aussi fabuleux Bérurier Noir! Ce morceau date, c’est juste dommage qu’il soit toujours autant d’actualité…

Voilà ça y est, c’est déjà un souvenir. Je suis arrivé à Jérusalem d’où j’écris. 

Ma difficulté à témoigner est toujours aussi grande. C’est étrange car du point de vue de l’oral je suis intarissable. D’où me vient cette difficulté d’écrire alors qu’ici je passe tant de temps en discussions passionnées? Quel contraste!  C’est ça, c’est le mot: contraste. Ici tout est contraste: le beau côtoie le laid, la magie côtoie l’horreur, la violence côtoie la douceur, le courage côtoie la lâcheté, la confiance côtoie la peur, la profondeur insondable côtoie une futile légèreté, le profane côtoie le sacré, la politique côtoie la religion, l’Amour côtoie la haine, le bonheur côtoie tant de souffrances… Alors cela a fini par m’éclabousser. J’ai un immense besoin d’en parler et je n’arrive pas à écrire. Mais le temps est venu… 

Mur des lamentations, mosquée, juif orthodoxe, bidasses, touriste t’en veux du contraste?

Vivre à Jérusalem est une expérience singulière, étrange, puissante, unique et surprenante… Entre autres! La ville grouille de gens du monde entier, déborde de saveurs, d’odeurs, de couleurs, de bruits. C’est un défilé impressionnant, on y croise les dégaines et les looks religieux les plus improbables, des plus élégants aux plus austères en passants par les plus fous. La vibe est puissante, surpuissante même. 

Ce que me disait une amie à moi à propos de la Terre Sainte, s’applique avec force ici: « bienvenue dans le monde de l’émotionnel! » En déambulant dans les rues et les lieux de la cité on ressens toute une palette d’émotions très fortes, étranges parfois, presqu’indéfinissables. Je comprend dès lors que certain(e)s parmi les moins habitués à gérer de fortes émotions soient atteints par le fameux syndrome de Jérusalem dont on parle beaucoup par ici. Je vous rassure, je m’étais bien préparé et il m’a épargné.

Le Saint Sépulcre

Encore que…

Frères franciscains à Emmaüs Palestine


Encore que si je vous racontais les présences, bénéfiques, avec qui j’ai eu la sensation de marcher à l’approche de Jericho dans la vallée du Jourdain, ou lors d’un lever du soleil plus que mystique à Massada, les plus matérialistes et éloignés de la spiritualité pourraient penser qu’au contraire j’ai été impacté de plein fouet par le dit syndrome!!! Qu’importe je sais qu’il n’en est rien… C’est juste que, pèlerin sincère, je ressens plus intensément le Divin.

Lever de soleil magique à Massada Israel


Plus important c’est que nombre de mes questions ont trouvé leurs réponses, qu’une clarté nouvelle éclaire ma Vie, que j’ai totalement confiance en mon retour et en ma capacité à gérer la suite de mon existence, que je suis bien plus Vivant qu’à mon départ… Et de loin!!! La Vie coule à nouveau en moi et ma place sur cette belle planète et mes « missions » sont bien plus claires à présent. Quel bonheur que ce voyage initiatique m’est apporté autant, c’est juste incroyable!

Environs de Jericho


Ici la spiritualité transpire de chaque arbre, de chaque feuille, le désert vibre d’une présence intense. 

Massada avec vue sur la mer morte


Et pourtant, alors que le pays et la ville de Dieu devrait être fluide d’un bien vivre ensemble beau et paisible et briller d’une lumière qui devrait éclairer le monde entier, c’est une situation horrible qui se déroule ici. Ce qui se passe entre israéliens et palestiniens est atroce! Vu de France c’était déjà dur mais vu d’ici et ressenti au travers de mon corps, de mon cœur et de mon âme, c’est insupportable. C’est un véritable apartheid qui règne ici, je pèse mes mots, dans une grande ignominie.

Le mur de la honte Bethlehem Palestine

  Je resterai marqué à Vie par ce que j’ai ressenti en visitant Hebron en Palestine. En voyant l’abomination et la violence inhumaine des colons, les pires extrémistes!

Un des innombrables murs et sur la photo de dessus: Le rez de chaussé est musulman, l’étage colons israéliens qui jettent poubelles et excréments sur le souk en bas. D’où le grillage pour protéger…

Comment des êtres humains peuvent infliger ça à d’autres êtres humains? 

Encerclement, meurtres, privation d’eau, de mouvement, de liberté, manipulation de tous les domaines de la Vie des palestiniens, humiliations, violences, anéantissement de toute possibilité de résistance, la liste est longue, beaucoup trop longue! 

Quand je vais en Palestine mon cœur saigne… À chaque fois! Ce qui me touche d’autant plus c’est l’incroyable gentillesse, le sens de l’accueil et de l’entraide de ce peuple. Et encore je n’ai pas tout vu loin s’en faut. A Bethlehem Ali un jeune palestinien à l’intelligence redoutable me disait, désolé « En comparaison de ce qui se passe à Gaza, ici on vit au paradis… »


Oui mon cœur saigne à chaque fois et vous me connaissez mes larmes coulent en abondance. Mais comme me disait un autre Ali le chauffeur de taxi qui nous à amené à Hebron: « Tu dois être solide, les gens sont durs ici, si tu veux aider, tu dois être solide et debout!!! » Message reçu Ali. Quelle dure mais belle leçon.
Clairement il y aura un avant et un après. Comme si la Vie m’avait fait faire ce voyage pour me mettre au boulot: au service du Vivant. A commencer par Gahia et Colin et puis élargir mon champ d’action. J’ai la conviction que l’on arrive à une phase de l’Humanité où chacun(e)s a à choisir son camp. Lors d’un passage de check point, des soldats israéliens m’ont demandé quelle était ma religion, j’ai répondu: « I believe in Love », je crois en l’Amour. La voilà ma profession de foi: maintenant je bosse pour l’Amour, ou plutôt j’oeuvre c’est plus joli. A commencer par faire la Paix et à entrer en Amour avec moi même pour le répandre autour de moi. C’est un long et ardu chemin mais c’est celui que ce voyage m’amène à choisir. 

La mosquée du tombeau d’Abraham à Hebron Palestine. Y reposeraient Abraham et Isaac communs aux trois grandes religions!!!

Contraste est le mot. Je n’y échappe pas. Profondément croyant et pratiquant et tellement agressé par les dérives religieuses objet de pouvoir, de manipulation et rempart vers la spiritualité!!! Je suis attiré par les rituels sacrés et rebuté par les simagrées des croyants qui, parfois, prennent ici une dimension inimaginable. Je suis très croyant et plus qu’admiratif des anarchistes grecs qui luttent avec un Amour flamboyant que je souhaiterai à nombre de croyants. Attiré par le sacré, le recueillement spirituel, la prière et la méditation et très fan d’humour à la con, ou pas, car finalement un bon vieux fou rire est sacré!!! 

La Vie est joie ou se doit de l’être. Si la lutte est importante et les enjeux majeurs, alors elle se doit d’être joyeuse, autant que faire ce peux…

Je sens bien que les étiquettes ne sont que bullshit et objet de division: croyants, athées, français, russe, black, jaune, rouge, juif, musulman, femme, homme. Tous humains! Seul compte ce que chacun a dans le cœur. Tout simplement parce-qu’à mes yeux la chose la plus importante au monde c’est l’Amour!

Chouette amitié


ce pour quoi je suis appelé à œuvrer! Merci alors Jérusalem de m’avoir avec patience appelé à toi pour m’offrir cette belle leçon. 

Vous savez quoi mon Humaine famille?

Jolie vue sur la mer morte


Original de Banksy Bethlehem Palestine


Je nous aime et nous souhaite tout l’Amour du monde: partagé, reçu, donné, échangé. Il s’agit de la plus belle de nos boussoles: Love, Amour, Amitié, bienveillance… Et choucroute garnie!
Peace! One Love!

Je l’ai fait, putain OUI JE L’AI FAIT

Jérusalem…JÉRUSALEM!!! Je l’ai fait, PUTAIN OUI JE L’AI FAIT!!!!L’émotion est encore palpable…Arrivé depuis 24 heures, j’ai encore du mal à témoigner…

Une chose est sûre… Plus rien ne sera jamais comme avant!!! 

Ce sera juste vachement mieux

#THEpèlerinage

#PèlerinàVie

#WelcomeToHolyLand

#2100kmDansLesBrasDeLaProvidence

#MarquéàVie

#OneLove

#SpiritualitéàFleurDePeau

#LaMagieExiste

#LâmeAgit

#Ajustement

#Israël

#Palestine

#TerreSainte

#IciCestAutreChose

#Clarté 

#Foi

#Paix

#Amour

Laisser infuser…

A Vladimir et Udi pour votre aide si précieuse! Grâce à vous mon entrée en Palestine a été bien plus simple. Votre chaleur m’a tout simplement ébloui… Merci d’avoir été porteurs de tant de Lumière.  

BO du texte: parce-que LE MOMENT approche et que ce n’est plus qu’une question de temps… Et accessoirement parce-que c’est tout simplement le plus grand groupe de tous les temps!

Palestine


Comment décrire l’indescriptible?Comment parler de cette spiritualité qui vibre tellement ici? Comment vous faire part de mon expérience mystique? 

Quitter Chypre


Je crois que j’ai besoin de laisser décanter la douce mais surpuissante tempête que me fait vivre la Terre Sainte. J’ai besoin d’éprouver encore et encore le magnifique Amour qui m’est offert par le Divin! Je ne cherche à convaincre personne, c’est juste que cheminer ici est une expérience unique, autre, qui me touche au plus profond de mon être, de mon cœur et de mon âme. 

Palestine route 90

Jordanie dans les hauteurs de la vallée du Jourdain

Marcher sur les pas de Jésus du Jourdain à Nazareth, de Tibériade à Capharnaüm en passant par Jericho et la mer de Galilée n’est pas sans conséquences… C’est de toute beauté! 

Le lac de Tiberiade

Je me suis baigné dans le Jourdain, j’ai ressenti l’incroyable quiétude du Lac de Tiberiade. J’ai pris part à un festival de musique au bord du Jourdain, sur lieu même où Jésus a été baptisé. Toutes les communautés étaient réunies dans la joie, l’Amour et la Paix! Quelle beauté ce jour là, que d’espoir!

Début de concert

 J’ai confiance en la Vie. J’ai encore du mal à en parler tant les apprentissages ont à infuser en moi. .  

Quelle drôle de sensation de se baigner dans la Mer Morte

Aride Jordanie

Plus rien ne sera jamais comme avant…

L’appel de Jérusalem

A Owen Loft,  grâce à qui j’ai pu ressentir cet appel de Jérusalem. Je sais aussi que c’est grâce à lui si je n’ai jamais recommencé à fumer… Même s’il ne se rappelle pas de sa promesse qui a inspiré la mienne!!!

BO de l’article: parce-que ce morceau est juste trop beau!!!

La petite intro:
Cet article paraît un peu plus tôt que prévu. Car je ne sais pas si j’aurai un accès à internet dimanche. En effet demain est un jour de transfert. Car je décolle de cette si belle Chypre pour…la Jordanie!!! Je me sens tout chose de cet avant dernier pays avant… Jérusalem!!! 

Après pour être tout à fait honnête cela fait plus d’une semaine que cet article est bouclé et que j’ai très envie de vous le faire partager!

« Le bonheur n’est réel que s’il est partagé »

« Into the wild » de Sean Penn
Ces jours-ci je sens bien à quel point cette citation est vraie… 

Chaque pas qui me rapproche de la cité millénaire me fait grandir. L’appel se fait de plus en plus fort en moi….

Arbre à souhaits

Vingt ans, vingt ans que j’en rêve. Vingt ans que l’Univers m’a appelé…encore une fois au travers d’un humain. Merci Owen d’avoir par ton voyage éveillé ce rêve en moi. Vingt ans que je me disait s’il y a bien une chose que je veux faire dans ce cycle terrestre avant de le quitter, c’est d’aller à Jérusalem et d’y aller à pied. Le pèlerinage de ma Vie. Le rêve d’une Vie. Quel bonheur de ne pas l’avoir lâché…

Et pourtant ce n’était pas gagné le départ! Que de doutes, que d’appréhensions, que de d’hésitations. Mais les signes ont été forts et comme je ne les écoutais pas, ils ont été jusqu’à la veille et le jour même du départ: très forts! « Tu vas te casser Yoh!!!! Tu vas aller le vivre ton rêve, ou il te faut encore des coups de pieds au cul? » Merci donc à tous mes ami(e)s ce jour là pour votre présence bienveillante. Il était pas fier le Yoh qui partait sur les chemins… Tout petit et bien abattu!

Dans les rues de Pafos

Trois mois et demi de pseudo préparation et 77 jours de marche plus tard, je n’ai jamais été aussi près. Pseudo préparation parce-que mon choix, allié à ma façon d’être était d’être volontairement « à l’arrache ». Bon pour ceux qui trouveraient que « à l’arrache » a une connotation négative. Disons alors que je souhaitais être dans un état de grande spontanéité pouvant m’offrir une belle liberté. Ceci afin d’être dans la douceur et le réconfort incomparable des bras de la Providence. Grosso modo la préparation consistait à avoir une vague idée, volontairement, du parcours à suivre et une destination. Mais la destination était prévue de de longue date. Il ne m’a plus resté qu’à prévenir mes proches, à prendre les billets d’avion pour Athènes afin d’y retrouver mes extraordinaires et néanmoins géniaux enfants puis à lister et réunir le matériel nécessaire. D’ailleurs à ce propos un gigantesque merci à Ferreol pour tout le temps, les conseils, l’aide précieuse et la profonde humanité qu’il m’a apporté avant le départ, c’était si précieux. Car le peu de matériel que j’aurai avec moi cela ce devait d’être réfléchi, pesé et de bonne qualité. Pas « d’arrache » là dessus. Merci donc Ferreol mon matos est au top, pour ça et pour tellement plus! 

Pafos


Voilà en quoi a consisté ma préparation, à pas grand chose en fait. Objectif à l’arrache atteint! Le reste ne m’appartenait pas… « Ne vous inquiétez donc pas de demain car demain se souciera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine ».

Street art Pafos, j’adore

Que d’états émotionnels traversés: la rage, l’amertume, et la colère du départ, seront suivis,ouf, par le premier apaisement sur le festival Dharma Techno qui restera dans les mémoires comme un très grand moment, plein de sens, d’Amour et de musique, juste mythique. Une page de l’histoire de la techno et de la méditation s’est écrite ce jour là!!! Un immense merci à vous Debbie et Denis d’avoir créé une aussi belle structure, pleine de sens. Je viens faire le bénévole en cuisine sur la prochaine retraite Dharma Techno et je m’en réjouis. 

Comme dirait Gahia « ah ouais quand même! »

Viendra ensuite avec l’Italie et la via Francigena cette sensation unique et (sur)puissante d’être aimé de l’Univers. Cet état de félicité qui apparaît dans la rudesse du Chemin propre au pèlerinage qui ne se fait ressentir qu’après avoir déjà bien commencé à user ses semelles. Cet état qui ne peut être réellement compris qu’au travers de l’expérience. Les mots sont si vains à décrire ces sensations uniques et très singulières. Seul le fait de vivre le pèlerinage ou une très longue itinérance pédestre au travers de son corps et de son âme permet d’amener un embryon de réponse… Et heureusement d’ailleurs!

Puis petit à petit la sensation est devenue détermination et profonde confiance en moi: oui, j’irai jusqu’au bout… Inch Allah!
Le Chemin se déroule à présent sous mes pieds endoloris. J’expérimente, pour la première fois de ma Vie une grande confiance en moi, non seulement dans ma capacité à arriver mais aussi et surtout une infinie confiance en la Vie. Confiance aussi dans mon retour dans cette maison que j’aime tant à la Canarié auprès de mes enfants, de Chris mon super wonderfull colloc’ à qui je dois beaucoup, de mes proches et de mon quadrupède préféré mon scratchy Scratch! Confiance enfin dans la suite à donner à mon existence et ça c’est plus que précieux!

Un des nombreux cadres de la série live painting

Cela me remue! Tout s’organise autour de moi: rencontres, événements, synchronicités. L’Univers me bichonne, prend grand soin de moi. Quelle sensation magique dans toute sa beauté, il n’y a pas d’autres mots. Tout masochisme mis à part cela vaut bien toutes les souffrances endurées sur le Chemin. La Vie prend soin de la Vie afin que le petit bout de Vie que je suis prenne à son tour soin de la Vie. Et oui! 

Très cliché carte postale mais quel bonheur de marcher le long de ces falaises

Malgré mes douleurs physiques récurrentes de marcheur longue durée, je ressens énormément d’Amour à travers tous ces mouvements, ce que c’est bon… ! 
Le vilain petit canard se découvre cygne. Enfin je découvre cet Amour pour mon être qui me faisait tant défaut jusque là. 

Il es t des petits matins où la fenêtre de ma chambre est bien sympa

L’appel se fait à chaque pas plus fort, plus intense, plus palpable. Cela hurle en moi, en silence mais cela hurle. On en est pas à un paradoxe près!… Cela hurle un « Viens ça fait vingt ans, un bon bout de ta Vie, presque la moitié en fait que je t’appelle. Tu sais pas pourquoi? Et bien viens pour le savoir!!! ». 

Avec tellement plus de délicatesse que ce simple « viens » évoqué. Cela hurle au travers de tant d’Humain(e)s, de bénédictions, d’animaux, de paysages, de situations, de rêves et d’indicibles ressentis. 

Que de tendresse, que de bienveillance dans cet appel, que d’Amour! Et je le sens, le plus fort, le plus intense, le plus magique arrive. Attention le plus dur aussi car ma marche reste sacrement usante et surtout que l’arrivée ne se fait pas au « Club Med’ du pays des Bisounours »!!!
Ceci dit, j’ai totalement confiance en ce qui arrivera. Quoi qu’il arrive cela aura du sens! Ce qui m’attend je n’en sais absolument rien et c’est tant mieux! Mais ce sera au cœur même de la Vie, de la Vie qui prend soin de la Vie, là lové dans les bras de la Providence. On est pas bien là, à la fraîche, paisible, décontracté…

Chypre je t’aime!!!



Pour quelques bouts d’papier

A Estelle Olive de Terres Vivantes 34, et Phil Bambust pour leurs actions au service d’une agriculture alternative appuyée sur une solide base scientifique. Merci aussi pour ce BPREA option maraîchage biologique où j’ai tant appris, vibré, grandi, rien compris parfois j’avoue, rigolé, aimé, vécu et pour cet incroyable voyage de fin de formation. Merci Estelle pour ces moments où 4 ans plus tard tu restes encore de si bons conseil! Merci pour m’avoir ouvert les yeux sur tant de choses! Gratitude, respect et affection à vous!!! Et si un ange passe…

BO du texte: à mes oreilles un des plus grands groupes de métal de tous les temps. Sepultura, parce-qu’ils sont brésiliens, comme l’autre fumier que je ne prendrais pas la peine de nommer de peur de salir mon clavier, parce-que cet hymne me suit depuis tant de temps… À chaque grosse colère en fait. 

Refuse, Resist!!!

Plus que jamais la façon dont on s’alimente reflète le système que l’on cautionne… Chaque euro versé est un bulletin de vote. Pour qui je vote? Les gros de l’agro-industrie et leurs valets de la grande distribution qui écrasent tout sur leur passage, au total mépris de la biodiversité et de l’écosystème ou les producteurs locaux, bio qui bossent avec passion, conscience et respect du Vivant?… Plus que jamais, on dois choisir notre camp!

Petite intro… Ces quelques vers m’ont été inspiré après avoir découvert l’ampleur des incendies à l’échelle mondiale. Que de larmes ont coulé de mes yeux, que d’eau que j’aurai souhaité qu’il tombe sur les feux, que de tristesse, de colère et de rage dans mon cœur. Pas vraiment un récit de voyage? Finalement si, voilà ce que m’ont inspiré mes émotions dans les hauteurs de Çiné Turquie…

Pour quelques bouts d’papier…


Soleil hurlant

Béton brûlant 

Yeux inondés 

Arbres calcinés

Sales meurtriers

Arbres arrachés 

Gros tas d’billets 

Veulent juste ta terre

Forêt millénaire 

Appétit démesuré 

Gargantuesque avidité

Pour du papier!

Pour du papier!

Et pour t’avoir

Goût du pouvoir!

Féroce cupidité 

Addiction d’tarés 

Jamais assez

Forte nausée

Envie d’gerber

Pas d’cœur 

Dirigeants de malheur 

Pas d’esprit 

Moignon pourri

Pas d’âme 

Vendue au Sheitan

Trop d’écocides

Torturent mon bide

Trop d’écocides 

Torturent mon bide…

C’est dans le cœur tout ça!!!

À Renaud mon frère, tu me manque!!! Parfois cruellement… J’espère que la Vie saura nous réunir pour des retrouvailles sereines que nous puissions profiter de notre fratrie que nous avons si peu partagé. Quoi qu’il arrive et quoi que tu en penses je t’aime fort mon frérot!… Je te souhaite heureux. A bientôt j’espère!

BO du texte: comme mon cœur est joie malgré le gros cagnar chypriote. Un de mes morceaux préféré du célèbre site de mix en ligne Innadimood qui vient de souffler sa 10ieme bougie. Explorez donc ce site multigenre géré de main de maître par mon ami de longue date, le très mélomane Mateo Poulpo, aka Moody Mat, aka Mathieu quoi! Ambiance néo-cumbia donc!!! Sourire aux lèvres et joies dans le cœur!…

https://www.innadimood.com/cocina-economica-2

Petite introduction: une fois n’est pas coutume ce texte n’est pas un inédit. Il a été publié sur les réseaux sociaux. Mais je trouve qu’il a sa place sur ce blog. Aussi pour celles et ceux qui le connaîtraient et pour me faire pardonner je vais publier rapidement un autre inédit. Parce-que quand même le réchauffé…

Une semaine a marcher, une semaine à chercher à faire la Paix en moi et autour de moi, une semaine à chercher du Sens, une semaine où le petit bout de Vie que je suis va explorer la grande Vie autour de lui, une semaine sans infos, une semaine sans FB, une semaine à vivre, à respirer, à découvrir. 

Et puis c’est dimanche, c’est permis, alors je reprends contact avec tout ça FB et les infos. Partout ça brûle, ça vole, ça réprime, ça sent le retour toujours plus décomplexé de l’extrême droite, même récemment en Allemagne, ça va agresser les anars porteurs de solidarité à Athènes, Exarcheia, ça massacre les dauphins dans les îles Féroé, ça ment, ça vole, ça pollue, ça privatise à tout va… 

Antalya


Et avec ça, je fais quoi moi la semaine prochaine? 

Je respire, je médite, je vibre de la simple sensation du soleil sur ma peau ou de la beauté des étoiles dans le couchant. 


Je regarde le sourire d’un enfant, je me dis qu’il y a de la Vie et que pour elle, pour lui on doit prendre grand soin du Vivant, je m’émeut de son rire magique, je m’arrête sur cette fleur ou ces arbres et leur dit qu’ils sont vraiment très beaux, que leur existence a du sens, j’admire la beauté de notre maison à toutes et à tous la Pachamama, la Terre mère.

Comment ne pas tomber amoureux de Chypre?…


Je me dis que putain le monde est beau et que je n’ai pas envie de laisser tous ces sinistres assassins, ces toxicomanes de la thune et du pouvoir, ces junkies du Dieu Dollar me voler ma joie de vivre en plus de tous leurs méfaits. Je me dis qu’à la haine, j’oppose de l’Amour. Je me dis que la lutte est longue, rude mais que je ne veux pas laisser aller à la résignation, au désespoir ou au cynisme. Parce-que face à la sinistrose ambiante il sera plus que jamais important de nous fendre la gueule, de nous émerveiller, de faire l’Amour, de prendre soin les un(e)s des autres, de lutter, de faire preuve de tendresse et d’affection, de résilience et de bienveillance. 

Le street art chypriote n’a rien à envier au street art grec…


Parce-que ça n’a pas de valeur, ne laissons pas ces empêcheurs de vivre nous voler ça! Sur ce je nous souhaite beaucoup d’Amour, de joie, et d’Humanité… Resistenza!

…One Love…
 

« Mais qui a encore oublié d’éteindre le four? »

A Mr Coutouly, Christiane Deleigne et Denis Robberecht pour avoir chacun à leur façon et en des âges très différents, éveillé mon âme…

BO du texte: 
Non pas que je salue les incendies de cupidité et de désolation qui ravagent notre monde, mais que le feu de la Vie brûle en nous, qu’il brûle plus fort que jamais!

La rage béruriere me manque parfois… BérurierXNoir d’utilité publique

Je l’avais dit, je l’avait prévu donc quelque part je l’avais choisi, que cette deuxième partie de mon pèlerinage serait plus intense, plus difficile et très différente aussi. Et bien je ne suis pas déçu!

Une des cinq…

J’ai vécu trois des cinq plus dures étapes depuis mon départ, cette semaine. La chaleur ici est inouïe! Marcher sous un cagnar pareil est bien, bien rude… Mais attention de ne pas me plaindre, de ne surtout pas me plaindre: j’ai CHOISI de vivre cette dureté, de l’explorer à travers mon corps et mon âme. J’ai CHOISI d’expérimenter cette profonde solitude que j’ai ressenti ces derniers jours. Duretés et solitudes bien plus extrêmes que tant de monde, une majeure partie de l’humanité en fait, n’a pas d’autre choix que de subir. J’ai CHOISI, quel luxe!!!!

Bivouac n°46 à Dalaman

Ne pas me plaindre donc, ne surtout pas me plaindre… Ce serait très mal venu!

Beaucoup de grosses étapes cette semaine, à trente voir quarante kilomètres par jour. Une façon d’explorer mes limites mais d’être conscient aussi que certain(e)s en font, quotidiennement, autant juste pour aller chercher de l’eau, de la nourriture ou aller à l’école… Sous une chaleur toute aussi dense si ce n’est plus!

Dans les hauteurs de Çiné, où l’on m’a recueilli tel un petit oiseau chétif


En ce moment la morsure du soleil n’est pas propre à la Turquie. Partout les températures explosent, partout ça chauffe, partout ça brûle!… Et mon cœur saigne. Ce feu du ciel, illustre la rage de mon feu intérieur quant aux incendies du monde, quand la cupidité n’a pas de limites. Rage qui m’a inspiré quelques vers, bientôt en ligne par ici…

Quand le dernier arbre aura été abattu, le dernier poisson pêché et la dernière riviere polluée, on saura que l’argent ne se mange pas. Géronimo

Je ne suis pas trop l’actualité du monde ces jours-ci mais ces incendies criminels m’ont cruellement marqué, peiné, touché. On fonce droit dans le mur et les lobbys du pétrole, de l’agro-industrie et les pantins au pouvoir pour servir les intérêts de ces indécentes multinationales, appuient encore sur l’accélérateur. Comment peuvent ils être autant déconnectés de la Vie? Toxicomanes de la thune, la pire de toute les addictions, je vous plains, votre karma est durablement chargé, crevez de votre manque dans votre surabondance morbide!

J’avance dans mon voyage et dresse forcément le bilan d’où je viens et d’où je veux aller. La question du sens se pose, forcément! La question de l’Après aussi, l’après voyage, l’après effondrement de ce néo-libéralisme ravageur qui arrive plus vite encore qu’on ne l’imagine. Accélération, mutations. La chute d’un monde donc, dont la planète se défend comme beaucoup d’organismes, en ayant de la fièvre, en augmentant sa température pour se débarrasser du virus…

Moment de douceur à Dalaman avant le marathon du lendemain

Chute qui veut dire aussi construction d’un autre monde… Enfin je l’espère! Quelle place pour le pèlerin dans tout ça?

Amour, Amour, Amour, résilience, solidarité, unité, résistance, inventer, ne pas se résigner, ne pas baisser les bras, éducation, éducationS, joie de vivre, coûte que coûte!!!

Matin serein à Köycegiz

Pour quelques salopards accro à la thune et au pouvoir, prêts à tuer père Vivant et mère Terre mère Pachamama pour quelques billets, combien d’acteurs de la Paix, combien de piliers de l’Amour face à leur cupidité? Combien s’en foutent? Combien approuvent? Combien n’ont pas d’autre choix que de rester centrés sur leur survie au quotidien? Trop, beaucoup trop!!!

Sur la route de Fethiyé

Et moi, et moi, et moi?…

Nécessité de choisir mon camp, celui du Vivant assurément. Nécessité d’aller bien, car la Vie a besoin de gens debout. Nécessité d’apporter mon humble petite pierre pour que vive l’Amour!

One Love

Prendre soin du Vivant commence par prendre soin de Colin et de Gahia pour aller vers bien au delà! 

Boucler sereinement les fins de mois et servir la Vie? L’équation qui tourne en boucle, encore et encore en moi, en ces longues heures sur mon Chemin. Nous sommes tous partie du problème, comment je prends part à la solution?


Celle de Pierre Rabbhi où le colibri apporte sa goutte d’eau sur l’incendie?  

Celle des anars grecs:

-« Tu crois que tu vas faire tomber le capitalisme avec ton pavé? »

-« Je ne sais pas, mais je fais ma part »

Vue du restau où cette famille m’a recueilli dans les hauteurs de Çiné


Du point de vue du pèlerin, tour à tour vagabond transpirant et poussiéreux mais à l’échelle de l’humanité, un ultra privilégié, la question du choix, du sens m’est posé. 

Quel qu’il soit, il nécessite d’être Vivant, debout et heureux de vivre. Car le désespoir fait le jeu de l’Ennemi…

Resistenza!!!

Noble poussière du Chemin

Quelque part a la sortie de Çiné lors de l’étape la plus dure du voyage


A Cécile, mon amie de longue date, pour sa présence fidèle et précieuse depuis tant d’années. Je vous parle d’un temps… Ça nous rajeunit pas tout ça!Et aussi pour m’avoir donné envie d’oser publier de temps en temps, les poèmes que j’écris sur ma route. A ce propos soyez indulgents c’est pas aussi bon que je voudrais.  

Merci!
BO du texte:

« Easy muffin » d’Amon Tobin qui fait partie du top 10 de mes morceaux préférés de tous les temps. Une douceur auditive dont je me délecte depuis… Je vous parle d’un temps que les moins… Rhooo l’vieux gars!

Toujours cette étape si dure


Noble poussière du Chemin
S’accumule lentement

Pourrit pieds et vêtements

Mais poussière tu nettoies étrangement 

Le cœur de l’âme profondément 

Poussière du chemin 

Soleil du matin

Propreté relative

Pas d’une Vie passive

Poussière du matin 

Sueur du pèlerin 

Effort presqu’inhumain

Mais beauté du coup de main

Ne cherche pas 

Trouve sous chacun de tes pas

Cœur qui bat

Vie qui va

Cœur qui vit

De route plein d’envie 

Va petit humain dans la douceur du matin

Chercher l’Amour dans le creux de Ses Mains

Source limpide

Jamais ne se vide 

D’un Amour infini

Sans lequel rien ne vie…

Du bord de ce lac je n’ai pu décoller et la nuit j’y ai passé

Pas toujours aussi douce que le loukoum, mais quelle belle Turquie!

À toute l’équipe du restaurant de Tako, pour cette fantastique rencontre!
BO du texte:

Pas vraiment très turc, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de parler musique ici et je ne voudrais pas partager des morceaux sans connaître le sens des paroles. Pas vraiment d’actualité non plus à part les grillons au début qui rappellent l’été. Bref, ce morceau est juste un OVNI musical qui me réjouis depuis des années. Je ne m’en lasse pas!

Dès le départ des enfants et en vue de ma sortie de Grèce, je sentais venir un nouveau voyage dans le voyage. Plus intense, plus rude, plus délicat à plusieurs niveaux bref plus encore en dehors de ma zone de confort. Je n’ai pas été déçu!!!

Aridité 2.0

 

Le fait d’entrer en Turquie a été très marquant. L’Europe s’éloigne peu à peu et je ressens de plus en plus l’ambiance du Moyen-Orient que ce soit dans le paysage, la culture, l’alimentation ou la musique. Comme un petit clin d’œil de la Vie précisément au moment où j’écris ces quelques mots, se met à retentir l’appel du muezzin. 

Véritable carrefour géographico-culturel la Turquie est une merveille! Quitter la Grèce avait été chargée d’émotions. Le départ des enfants, et un gros pincement au cœur de quitter un aussi beau pays surtout après une dernière soirée très marquante à Exarcheia le quartier rebelle d’Athènes pour assister à une causerie avec Yannis Youlountas le vidéaste témoin des alternatives sociales et libertaires en Grèce et ailleurs, accompagné de l’extraordinaire Pia Klemp, capitaine de bateau très déterminée qui avec son équipe a sauvé des milliers de réfugiés dans la Méditerranée. Cette soirée me marquera durablement comme un des temps très fort de mon périple.  

Maximum respect et soirée extraordinaire


Un grand moment assurément! Quand je vous dit que le Vivant prend soin de moi… 

Après une telle intensité, je ne savais pas trop à quoi m’attendre en Turquie. Il m’aura fallu moins de 48h pour avoir le coup de foudre pour ce pays magnifique. L’ambiance et les gens m’ont instantanément charmé. C’est aussi un très beau peuple. Les femmes notamment qui sont souvent d’une beauté incroyable et d’un charme ravageur. Je n’avais jamais vu d’aussi belles femmes ailleurs et pourtant l’Italie… Bref! Dans certaines villes, je tombe amoureux toutes les deux minutes!!! C’est marrant mais avec mon sac à dos crado et ma dégaine pleine de poussière et de sueur, je ne sens pas toujours une grande réciprocité de sentiment chez la gente féminine… 

Çiné Hallaçlar

On me l’avait dit mais maintenant que je l’expérimente de l’intérieur, c’est d’autant plus marquant: le sens de l’accueil turc est à la hauteur de sa réputation. On m’offre un thé, de l’eau ou un fruit à tout bout de champ. Dans les restaurants les rabais ou les plats offerts en plus sont monnaie courante, quand ce n’est pas un autre client qui insiste pour que je reprenne quelque chose à ses frais. Cette générosité est très touchante et invite chacun a s’améliorer. J’ai par exemple passé un temps que je qualifierai d’exceptionnel, avec Tako, sa femme et toute l’équipe de leur restaurant (cf la rubrique Seen on my way). Un accueil, une sympathie et des mets de roi, un partage et des discussions passionnantes jusque tard dans la nuit. Puis Tako et sa femme m’inviteront à dormir chez eux, où je pourrais me doucher et faire ma lessive. Le lendemain après un petit déjeuner plus proche du festin que du P’tit déj sur le pouce, Tako m’emmènera en camion à Meryemana connu pour être la dernière demeure de Marie. Tout simplement incroyable!!! Longtemps resteront gravés en moi ces moments d’amitié partagée. Merci Tako!!!

Le feeling qui passe parle de lui-même


Avant d’aller voir sa « maternité », sa dernière demeure?

D’autant qu’il était très fort et important pour moi de visiter ces lieux où vécu Marie. Quel beau symbole alors-même que je marche vers Betlehem, Nazareth et Jérusalem. C’est que je l’aime fort Marie! Une figure féminine pleine de douceur et de tendresse dans ce christianisme très masculin! Et je ne dis pas ça car mon deuxième prénom c’est Joseph…


Des milliers de prières accrochées aux cordons, dont les miennes

Sur le Chemin, autour de mes rencontres, ma foi grandit et ma confiance avec. Je ne sais toujours pas vraiment où j’en suis de cette drôle d’histoire de Jésus mais l’idée de marcher sur ses terres me réjouis au plus haut point. Je sens l’approche de la Terre Sainte et ma Vie spirituelle m’appelle à de profonds ajustements qui demandent autant de courage, euh non, beaucoup plus de courage que certaines de mes dures et longues étapes sous le soleil. 

Selçuk vu d’en haut


Alors idylliques ces moments en Turquie? Pas tout à fait, en effet la chaleur me terrasse littéralement et rend ma marche extrêmement difficile. Ce soleil de plomb me cuit parfois et rend toute progression épuisante. Mon corps est soumis à rudes épreuves. Ces derniers jours je ne fais vraiment pas le malin et je prend soin de m’économiser sous peine de ne pouvoir terminer. Chaque écart, comme le manque de sommeil, une alimentation négligée, ou simplement trop salée (l’horreur!!!), une étape trop longue, parfois même une simple bière se payent au prix fort sur le Chemin. Cesco’ mon sac à dos ne m’a d’ailleurs jamais paru aussi lourd. Mais après tout il est normal après plusieurs semaines et plusieurs centaines de kilomètres à marcher la boussole orientée sud-est, de trouver de plus en plus de chaleur et d’aridité, surtout au mois d’août. Pour la petite anecdote je viens de passer la barre symbolique des 1500 kilomètres à pied, à peine deux ou trois pleins de voiture mais tellement plus à mes yeux. 

Une chose est sûre, ce pèlerinage m’amène au bout de moi-même et de mes limites. L’occasion d’explorer mes forces et mes faiblesses dans une solitude qui m’était jusque là inconnue. J’imagine que de nombreuses épreuves m’attendent encore, rudes mais « bienveillantes » à leur façon car elles ne sont là que pour me permettre d’apprécier à leur juste valeur les nombreux trésors qui se cachent sur mon chemin, ici et maintenant mais j’imagine aussi sans peine, après mon retour et bien longtemps après…

Reprendre la plume puis la route…

A Yannis Youlountas que j’ai rencontré ce soir, dont les documentaires m’ont ouvert les yeux et ont fait grandir en moi l’envie d’une utilité sociale et d’actions solidaires à mon retour. 

BO de ce texte: Iseo et Dodosound « Freedom » mon coup de cœur de l’été. Une belle douceur musicale. Tout l’album est super aussi… 

Mais bon c’est pas très grec tout ça. Aussi voici une BO alternative au cas où. Un morceau qui m’a vraiment beaucoup fait rire. 

Décidément ce repos grec était bienvenu quoi que déstabilisant. En effet depuis le départ de mes enfants je me sens un peu à la ramasse sur l’organisation de la suite de mon périple. Mais bon, ça va, je gère c’est comme ça depuis le début, un mélange d”à l’arrache attitude” et d’une infinie confiance en les bras de la Providence… 


Quelles vacances ô combien magiques avec les enfants, entre rêve et réalité. Découverte de la Grèce, de son incroyable histoire, de ses artistes monstrueusement doués, qu’ils soient antiques ou contemporains, de ces musées passionnants ou de ces galeries à ciel ouvert. 

Ancienne et nouvelle école… Parfois mixées.


Vivre avec eux la ville et sa folie, ses contradictions et ses inégalités frappantes, voitures de luxe rutillantes et clochards célestes ou toxicos

sa détresse et sa beauté, dans un concentré d’Humanité urbain et d’odeurs…puissantes! L’occasion de parler de la crise grecque et de ce foutu capitalisme si ravageur, du p….n de sale retour décomplexé du fascisme, bras droit armé du capitalisme précédemment cité, de l’espoir et des alternatives aussi et surtout. Ne pas trop insister, juste planter quelques graines pour alimenter leurs réflexions, leurs ouvertures d’esprit. Visiter le mythique quartier d’Exarcheia, d’où j’écris ces quelques mots, découvrir les actions des anarchistes grecs, au milieu de superbes fresques d’un street art rebelle plein de rage et d’humour. 


Prendre conscience que tout ce monde d’Athènes nous pompe beaucoup d’énergie et qu’on est bien près de la Nature, ici ou ailleurs. 

Colin et Gahia


Partir à Loutraki, changer d’air, nous baigner dans l’Adriatique, nous délecter de terrasses et de glaces, profiter le plus intensément possible de leur présence magique, rire, nous engueuler, nous aimer et nous le dire, discuter sous les étoiles en nous endormant lentement, la Vie en été quoi. 
Craindre très fort, trop fort, comme beaucoup de parents en mode mono parental, le jour de leur départ. Éloigner de moi l’idée de rentrer avec eux, bien aidé en cela par Gahia qui me dira: »J’aimerais que tu rentres avec nous mais cela nous montrerait que l’on ne peut vivre que la moitié de ses rêves », j’ai trouvé ça très beau. Bien évidemment pleurer au décollage de l’avion, bien évidemment… 

Quand les taggeurs d’Athènes te rappellent tes enfants…


Mais ne pas être abattu, sentir avec une profonde joie ma capacité de rebond, de résilience, me découvrir une force nouvelle, une force de Vie plus que bienvenue par les temps qui courent. Sentir à quel point ce pèlerinage est tout sauf une formule magique, que tout ne sera pas réglé comme par enchantement à mon retour, qu’il va me falloir reprendre à bosser, réinventer ma Vie dans la vallée et en général, gérer ma mono parentalité, affronter l’hiver, la grisaille et le froid, mais… 

Quelle belle joie de vivre dans ce beau mouvement



…Mais, sentir une grande confiance en mes enfants, en moi-même et en chaque membre de ma famille, en notre capacité à grandir et à gérer au mieux l’après avec bienveillance… Me sentir plus fort, plus déterminé, moins les nerfs à fleur de peau, plus vivant en fait. Réussir à savoir que faire de ce besoin d’utilité sociale et d’œuvrer pour le Vivant qui explose en moi depuis que je découvre les alternatives grecques. Bien sur, j’en suis pas au retour et j’ai à rester dans l’ici et maintenant. La Vie sur la route a encore tant à m’apprendre. J’ai un rêve à vivre, à écrire sous chacun de mes pas, à ressentir, à explorer dans ces moindres recoins. 
Arrivent l’ile de Chios, La Turquie, Chypre, la Jordanie, Israël, Jérusalem…

Musée national d’archéologie d’Athènes


Viennent aussi le retour de Cesco’ mon pote le sac a dos et son poids sur mon dos, mes pieds en compote, du rire et des larmes, du sentiment de solitude et paradoxalement de tant de rencontres, des questionnements sur le sens de tout ça et de l’après, d’où je vais bien pouvoir trouver de l’eau, une de mes obsessions favorites, de ces longues heures de marche riches d’introspection, des bobos et autres douleurs du marcheur longue durée, de ressentir enfin à nouveau cette magique Providence que je n’arrive pleinement à ressentir qu’en itinérance pédestre longue durée, de me délecter de cette délicieuse sensation de liberté du vagabond pèlerin, reprendre la route de mon pèlerinage, ce condensé de ce long mais si court voyage qu’est notre existence…


Bref me voilà à mi-parcours et je compte bien savourer ou craindre tous ces moments à venir et de profiter de chaque micro seconde pour réfléchir, écrire, vivre, rire, pleurer, aimer, trembler, prier et méditer, les deux faces d’une même pièce, m’émerveiller, souffrir, grandir, penser à vous, guérir, ne pas savoir, ne rien comprendre, saisir un miracle ou un petit sourire de la Vie, sentir ma foi grandir encore et encore, se modeler, s’affiner sous chacun de mes pas, rêver, être dans ma part d’humanité, marcher… Vivre, vivre, tout simplement…