Quasiment 1432 litres

A Evaguelia, Georges, Afroditi, Eleni, Thodoris et tellement d’autres pour leur soutien plus que précieux…

Longtemps j’ai pleuré à la sortie d’Agia Paraskevi. L’accueil que m’a réservé Evaguelia la patronne de l’auberge du village était tellement touchant (cf la rubrique « Seen on my way »). Elle m’a offert de bon cœur tout un délicieux repas alors que je ne commandais qu’une salade, me proposera un lieu de bivouac sûr et agréable ainsi qu’une douche chez elle. Tout ceci m’est allé droit au cœur mais au delà c’est sa chaleur humaine, ses mots et sa disponibilité qui m’ont touché. Je suis arrivé très fatigué de cette fin d’étape et pour être honnête j’étais bien découragé. Cet accueil, cette halte m’a remis sur pieds et redonné courage. C’est d’autant plus fort que Evaguelia est venue s’ajouter à la longue liste des gens qui m’ont accueilli, aidé et remis en selle. Ceci dans tous les pays traversés, Albanie y compris. C’est marquant et exceptionnel au regard de mon habituel quotidien. 

Cette rencontre avec Evaguelia a eu lieu un jour où le découragement frappait à ma porte, où la question du sens ce posait pour la millième fois, où mon corps avait souffert de l’étape et où je ne me sentais globalement pas très en forme. Je remarque que dans les moments difficiles il y a souvent quelqu’un, un signe ou même un oiseau comme à Chrissa, pour m’encourager. Comme si quelque chose voulait encore plus intensément que moi que j’aille jusqu’au bout. Parfois je peine dans une côte sous le cagnar et un simple pouce levé, un klaxon et le sourire d’un(e) automobiliste me donnent le petit coup de fouet nécessaire. Je me nourrit de peu et de tellement en même temps. 

La question récurrente est de savoir pourquoi autant de gens m’aident et m’encouragent? Pourquoi le Vivant via les humains prend il autant soin de moi? C’est certainement que je vais avoir ou plutôt que j’ai, ici et maintenant, à prendre soin du Vivant, à être à ma place d’être d’humain debout et pas à celle du vilain petit canard. Que de patience de la part de la Vie devant mes chutes, mes conneries et mes errances. Malgré tout la Vie m’encourage encore et encore!

C’est tellement frappant dans cette sensibilité particulière que l’on développe en pèlerinage.  

Mais alors d’où vient ce désir profond d’aller à Jérusalem? Qui sont ces puissances (célestes?…) qui semblent plus déterminées que moi-même à me voir faire ce pèlerinage? D’où vient réellement cet appel que mon pote Owen a fait naitre en moi il y a 20 ans de cela? Jusqu’où m’appartient-il dans mon libre arbitre? Jusqu’où je suis aiguillé? 
Je me sens paradoxalement libre et aiguillé, voire appelé dans un même mouvement. Je touche là, pas à pas à l’un des épais mystères de ma Vie, de ma foi. 

Quoi qu’il en soit et quels que soient les mots que j’y mette, quelque chose de puissant se joue en moi, qui me donne l’impression de venir d’au-delà de moi. Un étrange sentiment d’être libre et en même temps pas maître de grand chose… Dans les bras de la Providence!

Je suis juste un petit humain qui cherche à guérir de ses blessures, à repousser les démons qui lui pourrissent la Vie, qui souhaite aller aux sources de sa foi. Là-bas en cette terre qui a vu naitre les trois grands monothéismes, en ce lieu chargé de tant d’histoires, de tensions.

Pourquoi? Finalement pourquoi je ne sais pas vraiment… 

Mais j’y vais!

La rudesse du Chemin

A la toute la Sangha Dharma Nature/l’Espace de la Source à cette famille de cœur à qui je pense souvent et qui œuvre dans un sens ô combien positif. Je vous aime fort les ami(e)s!

La BO de cet article. « Crisis » de Dubamix sur l’album « Pour qui sonne le dub »

Je ne l’avais pas anticipé, mais il était clair que tôt ou tard cela devait arriver… J’ai un bon gros cou de mou. Ce qui ne remet nullement mon itinérance en question. J’irai même jusqu’à dire que cela augmente ma détermination à aller jusqu’au bout, coûte que coûte, tant il est évident que ce projet, le rêve d’une Vie me tient énormément à cœur. 

Monastère dans les Météores


Simplement les faits sont là: mon corps est fatigué et j’ai à l’écouter. Je souffre d’un pied bien en vrac, de sérieuses irritations de ma peau, de trop nombreux impacts de moustiques et d’aoûtats et surtout d’une grosse fatigue physique générale. 
Je boîte copieusement depuis deux jours, mes massages à l’huile essentielle de gaultérie m’aident bien à apaiser mes douleurs. Mais me voilà contraint de réduire, à contre cœur, la durée mes étapes. 

Météores


D’autant que je suis de nouveau en montagne et que le dénivelé rend ma progression plus difficile. 
Après la pluie qui avait l’avantage de maintenir des températures raisonnables, le retour de la grosse chaleur est un paramètre qui s’ajoute à ma fatigue. Tout comme mes 1200 kilomètres au compteur et des bivouacs fréquents, beaux mais un brin usants à la longue.  

Bivouac n°39

Heureusement mon moral est bon! La Grèce est superbe et ses habitants sont bien souvent accueillants et souriants, c’est un vrai bonheur d’être ici. D’autant que, sauf exceptions comme dans les Météores, mon itinéraire passe rarement dans des zones touristiques.

Météores


 C’est donc une Grèce très authentique que je découvre, rurale, montagneuse et tellement belle. C’est vraiment un chouette pays. 

Gorgopotamos


Malgré la crise les gens, du moins ceux que j’ai rencontré, gardent un regard joyeux sur la Vie. Je me régale et me sentirais presque chez moi ici… 
Un autre point revient souvent depuis mon départ chez les gens que je rencontre qui pensent que c’est « délicat » de voyager tout seul, en sac à dos de surcroît. Je m’en sortais jusque là avec une petite pirouette du genre « il vaut mieux être seul que mal accompagné » ou « un pèlerinage ce vit seul ». Mais j’ai pris conscience il y a peu de temps que je ne voyageais absolument pas seul!!! Maintenant, que comme l’a si justement relevé mon amie Estelle, j’ai fait mon coming out spirituel et religieux (cf le texte « Dire ma foi » sur ce blog), je peux le dire: je suis accompagné!!! 

Incroyable résilience de la Vie!

Attention, je vais exprimer un ressenti très personnel et nullement essayer de convaincre qui que ce soit mais à maintes reprises je sens que des puissances célestes m’accompagnent… Au travers d’êtres humains! Ce qui montre toute l’ambiguïté de la foi. Sont ils sur mon Chemin par « hasard » (auquel je ne crois absolument pas) Ou bien sont ils aiguillés là et dans ce cas là qu’en est-il de ce libre arbitre auquel je crois aussi? Vu que je crois en un Dieu qui nous laisse libre de croire en lui ou pas… Vaste question! Vous avez deux heures.

Street art Lamia

Pour ma part je me sens (bien) dans les bras de la Providence… Divine et j’ai le sentiment d’être concrètement protégé. Je n’hésite d’ailleurs pas au travers de mes prières et méditations quotidiennes à demander des coups de mains, des signes, des protections à mes guides et attention gros mots: à mon ange gardien, à San Francesco di Assisi (mon grand pote), à Marie, à Jésus ou bien au Bouddha! Et ça marche! À mes yeux, il va de soi! Car malgré mes petits bobos, mes coups de moins bien ou de fatigue, je me sens réellement épaulé, soutenu, protégé et plus qu’encouragé à aller de l’avant. Par le divin…qui passe souvent par le biais des humains. 
Je laisse ce point de vue à l’examen de vos propres convictions. Ce passage au travers des humains me réconcilie de fait avec une partie de l’Humanité, ce qui n’est pas négligeable par les temps qui courent.  

Street art Karditsa

Être pèlerin c’est aussi pour moi être à l’écoute de ces forces de Vie, de ces forces de l’Amour. J’en suis rendu à ce point de penser que tout seul je ne serais jamais arrivé jusque là. De même que seul Je n’arriverai pas au bout. C’est ce soutien que je ressens comme profondément divin et que d’autres qualifieront d’humain. Peu m’importe de savoir qui a raison, tant que l’on est capables de respecter la conviction de l’Autre, comme dans une vraie laïcité… À laquelle je tient beaucoup au passage. Bref c’est ce soutien qui fait que je tiens la route pas à pas vers Jérusalem. 

Coucher de soleil à Kampos


C’est ma foi, qui grandit peu à peu qui m’aide à encaisser la rudesse du Chemin pour au final mieux en apprécier sa douceur et son indicible beauté. 
Peace!

Ces moments pas à pas vers… Le prochain de mes pas

.  À Colin dont c’est l’anniversaire aujourd’hui 9 ans déjà qu’il me rend heureux !!! Et à sa sœur Gahia. Mes loulous pour qui mon voyage n’est pas facile à vivre.

 La BO de ce morceau:

Un morceau grec qui parle de corruption et de politiciens véreux. Gros coup de cœur. Merci à Théodoros et à Eleni de me l’avoir fait découvrir.  

De ce fameux clak que fait la ceinture ventrale de ´Cesco (Le nom que j’ai donné à mon sac á dos) à cet autre clak que fait cette même ceinture en fin d’étape, que de choses se seront passées. Que de moments qui jalonneront ma marche. Simples, futiles, durs, émouvants mais jamais anodins. Après le clak, tout un tas d’infos font surface: motivation, joie, douleurs, fatigue. 

Mazia à la sortie de Loanina


Un bel instantané de mon état général en une fraction de seconde. Matin léger, matin rude, matin pas envie, matin motivé. À tout cela je ne dois pas m’attarder, cela va changer. Certaines douleurs physiques vont disparaître, d’où l’intérêt de ne pas trop m’y attacher. La motivation peut disparaître et laisser la place à une grande fatigue et vice versa. Ici comme ailleurs la seule constance, c’est l’inconstance. 

En montant vers Metsovo


Ma marche est faite de grands moments intenses et profonds et d’autres plus légers. Quand j’engueule ‘Cesco à cause de cette sangle qui ne cesse de se dérégler. Quand je compte le nombre de canettes de tel soda pour les comparer au nombre de tel autre. Ces moments où je chante des « Je te salue Marie » (oui, oui…) ou des bhajans boudhistes pendant des plombes. Ces moments où je rentre en transe de marche et ne sens plus aucune douleur, où mon esprit est apaisé, où je peux marcher des heures sans soucis. 

Ça ne ce voit pas mais km au compteur 1023


Ces moments où je me fait des impros, avec des imitations et des vannes où je me fais rire parce-que celle là je ne la connaissais pas!!!

A la sortie de Votonosi


Et puis il y a le mode fontaine qui est désormais quotidien où je pleure à fond d’émotions, de solitude, de beauté, de tristesse, de joie, de désespoir ou de gratitude. Souvent tout ça en même temps!

Il y a aussi les moments plus durs où comme le dis Bob Marley « Tu ne sais pas à quel point tu es fort, jusqu’au jour où être fort reste ta seule option »

Ces jours où tu marches 50 kilomètres pour trouver enfin un lieu sécurisant pour dormir. Ces jours où tu marches sous une pluie battante, trempé, frigorifié, apeuré par ces foutus chiens de bergers et où il te reste 3 heures de marche à boucler avant la nuit. Que tu ne peux, de plus, pas poser de bivouac car on t’a prévenu de ne pas traîner car il y avait des loups et des ours dans le secteur.

Ce panneau dit strictement la vérité


 Ces jours-là j’apprends la détermination, le courage et surtout à fermer mon mental pour ne surtout pas penser à ma situation, et laisser mon corps faire le boulot: m’emmener dans un lieu sûr! Avec comme récompense la douce sensation de me sentir plus fort, plus résistant et plus empli de ressources que je ne l’imaginais. 

Peu avant le col de Metsovo


Mais il y a aussi le face à face avec moi-même. Quand je reprends en pleine gueule tous ces moments où j’ai fait du mal… Ces jours où je me sens si seul à lutter contre les démons de mon existence. Ces jours où l’introspection est rude mais c’est là un passage obligé vers cette rédemption que je cherche tant. Je prie de plus en plus mais la foi n’est pas juste une force elle est aussi exigence et quand je ne suis pas ajusté… Attention au retour de bâton.

Il allait me tremper jusqu’aux os celui là


La notion du temps change tout le temps, les heures surtout les difficiles sont capables de s’étirer. Parfois il faut aller chercher des trésors de courage pour continuer. Pour faire taire ce foutu démon qui te dis abandonne, lâche… Puis prendre la décision d’aller dormir et ressentir l’énergie revenir et avec elle la détermination à le voir ce panneau Jérusalem. Et puis il y a ces jours où un sourire, un oiseau, un paysage te dis à sa façon tu es sur le bon chemin. Tu ne sais pas toujours lequel mais ça a du sens et ça en aura pour la suite. Des jours où ma confiance énorme en la Vie prend la douce saveur de la confiance en moi. Des jours où je sens que San Francesco di Assisi marche avec moi et me fait sentir son aide! Ces jours où même tout seul, je sais que je ne suis pas seul. Que bien plus grand que moi veille sur moi et les miens. Ces jours où j’aime la Vie plus que tout, où ma foi est énorme. Ces jours où je dis merci mon Dieu de m’avoir offert le plus beau cadeau de l’Univers, ma foi en toi, en ton Amour inconditionnel. Ces jours où je me dis que je ne suis pas un salop mais que je peux être un mec bien. 

Arrivée sur les Météores


Et dans tous ces jours, dans tous mes pas je vous emmène dans mon cœur avec moi jusqu’à Jérusalem… Et vous souhaiter le meilleur de l’Univers.   

Efcharisto, efcharisto… Zeus!

Merci, merci… Zeus!

Rando du jour, bonjour…. Le beau est revenu!


Bon vu que l’info est arrivée jusqu’en France… Oui je vais bien! Oui je l’ai pris en pleine gueule! Grosse frayeur… Je dormais dans la forêt, j’ai fait mon sac en 4e vitesse, j’ai abandonné ma tente quelques temps, trop peur qu’un arbre me tombe sur la tronche pour me réfugier au premier village. Ambiance: je me suis senti tout petit face à la puissance des éléments. Heureusement j’étais pas dans la zone la plus hardXcore. Pas de dégâts, juste un peu de fatigue! 
https://www.google.fr/amp/www.leparisien.fr/amp/faits-divers/tornade-en-grece-au-moins-six-touristes-tues-des-dizaines-de-blesses-11-07-2019-8114340.php

C’est ici que j’ai dormi… Ouf l’orage n’y était pas trop violent!


La Providence était avec moi… Merciiii!!!!!!

#AmbianceDansLaTente

#GrosseFrayeur

#AuFinalToutVaBien

#JaiBeaucoupPrié

#JahLove

Faleminderit Albania

Faleminderit Albania… Merci Albanie.
A Myriam, Nebé et Nico de la Masseria Atipica pour leur accueil royal de luxe et la visite des grottes.
B.O de l’article: 

tant Myriam l’a chanté durant mon séjour à Castellana Grotte:

Je l’avais bien prévu, je le sentais, je le savais… A la sortie de l’Italie, les choses sérieuses allaient commencer. J’ai pas été déçu!

L’Albanie m’a réservé quelques une des étapes les plus dures. Alors là, oui, clairement je suis vraiment sorti de ma zone de confort. Pour meilleur exemple ce samedi 6 juillet qui est mon petit Everest à moi, mon étape la plus dure à tous les sens du terme, physiquement, psychologiquement et émotionnellement. Ce samedi sera désormais mon échelle de Richter dans la difficulté du Chemin vers Jérusalem…

Tôt le matin avant l’arrivée du cagnar


Vendredi 5 juillet au soir je marche à la sortie de Fier, une grande ville qui comme toute les grandes villes me dit « va voir ailleurs, si tu y es! »

Alors j’y suis allé, pas de carte, pas de réseau, du coup je m’oriente à la boussole: plein sud! Direction la frontière. 

Je tente une opération sonnette mais personne ne veut de moi dans son jardin. Ce sera donc bivouac. Après de longues recherches infructueuses, je décide d’arrêter de faire mon difficile, la nuit tombe, ce bord de route est dangereux. Je me cale donc dans un verger, sans la moindre autorisation, il va de soi. Qu’importe avant que quelqu’un n’arrive je serais déjà reparti… 5h15 debout, 5h45 je commence à marcher sur cet axe Fier/Tëpëlene. Cette grosse voie rapide est une vraie compilation de difficultés, pas un brin d’ombre, du tout, du tout, peu ou pas de village pour l’eau ou un éventuel ravitaillement, un soleil de plomb, des lignes droites interminables, genre 3 ou 4 heures de marche sans le moindre virage, le top pour ne pas avoir l’impression d’avancer et bien sûr des automobiles albanaises… Bref un no man’s land qui met ma confiance à ébullition. 

Roots bergerie

Objectif économiser l’eau, et mes forces!!! Heureusement je finirai par croiser des stations essence pour l’eau. Sensation de profonde solitude, le paysage n’est pas top, au fond de moi, je sens que ça va être long!…

C’est à ce moment là que je croise Marco. 

Marco s’il était français il serait marseillais


Marco est albanais et me brosse un portrait de son pays et de sa Vie bien noir, une bien belle rencontre qui me rappelle si besoin était que je ne suis pas né au plus mauvais endroit. Il ne m’épargnera pas les conseils de prudence sur le fait que je sois seul, à pied, vulnérable, blablabla… Je vous en passe et des meilleures, car je sais que ma mère lit ce blog, je ne voudrais pas l’inquiéter. « Tout va bien maman, pas de soucis. J’en rajoute un peu pour passionner mes lecteurs, tu me connais! »  

75° même mon ombre a chaud


Plus sérieusement, je suis vraiment confiant dans la Providence et dans mon instinct à ne pas être au mauvais endroit, au mauvais moment. Ceci dit, ce qui m’inquiète plus, c’est l’étape elle même, pas de lieu de bivouac jouable, pas d’ombre, faut pas que je traîne ici. Comme un petit air de Death Valley… Alors, je marche, je marche, les heures passent et j’ai l’impression de ne pas avancer. Pire, cela me semble de plus en plus désert. Mon mental, sous l’effet de la chaleur et de la fatigue se met à flancher. Je me sens en complète perte de sens. À quoi ça rime de faire ça? Marco me l’a dit ce matin « you’re a crazy man!!! » Là, tout de suite, je sens bien qu’il a raison. Tous mes beaux discours sur le pèlerinage me semblent n’être que futile bavardage, me les ressortir en marchant me donnent une impression de réchauffé peu crédible. Toute la journée j’ai l’expression pour décrire les alpinistes « les conquérants de l’inutile » qui me revient en tête. Ne suis-en pas moi aussi de cette famille de conquérant-la, dans ce bled paumé, sous ce soleil de plomb??? Le sens de tout ça m’échappe alors. De plus la route se met à monter et mes chances de trouver un bivouac sûr à descendre. 


Et là, je craque, comme souvent vous me direz, certes, mais avec une intensité encore plus grande, je pleure, parfois je ne sais pas si je pleure ou si je ris, mais j’hurle et très fort, faut que ça sorte! Je suis submergé par un puissant flot d’émotions. Et la route n’en fini pas d’être difficile. 

Fier je l’étais pas, merci les lunettes on voit pas que je suis en larmes!


Plus tard je trouve un bar, et donc du wifi, me connecte et telle une bouteille à la mer envoie un message sur Facebook genre: « oh les ami(e)s aujourd’hui j’en chie sévère! » Cela ne m’apaise que peu de temps et dès la route reprise, je me remet à pleurer à gros sanglots… Sauf que très fatigué je n’arrive même plus à hurler pour évacuer. Je vois les panneau entrée et sortie de Fier (la préfecture, selon le découpage local) j’y fait des selfies (décidément cela devient une bien mauvaise habitude!). Et je repars! Je marche depuis des heures et je sens que ça va encore être long! Mais que je ne dois pas rester ici. Francesco (mon sac à dos, que j’ai rebaptisé ainsi depuis Assisi…) pese de plus en plus lourd sur mes épaules . Je lui demande de s’alléger mais il n’en fait qu’à sa tête, « non!!! » Re bar, re besoin d’eau « je pourrais pas planter ma tente chez vous »? « Non? »

« Prendre une douche? » « Non plus? »

« Bon wifi ok? Oui? Super! » Là je vois que j’ai déjà 45 kilomètres au compteur, Wahouuuuw!!! Cette simple stat’ me redonne force et courage. Depuis le temps que je caressais l’espoir de passer la barre des 50 kilomètres dans la journée, c’est mon jour!!! 

Je marche encore une grosse heure, oui, ça y est! Je l’ai fait!!!!! Youhouhouhhhhh!!! 50 booooornes! Record battu!!! Je retrouve même la force d’hurler ma joie! « Putain j’en ai chié mais putain (oui je sais ça fait beaucoup de gros mots mais c’est pour rester fidèle à mon texte… CQFD) je l’ai fait!!! » Re grosse montée de larmes!!! Émotions!!!. 

Rere bar, décidément, (heureusement je ne bois pas

d’alcool tout seul, juste du café ou une boisson peu avouable et addictive dont j’ai trop honte! Boycott!…). Objectif douche! Je me sens plus sale que jamais!!! 

Après 50 kilomètres à pieds dans la poussière albanaise: selfoot!!!

Pas de douche ici, mais un client va à Tëpëlene et peux me poser à l’Hotel! Ouiiiiii!!! J’en profite pour dire qu’avec chambres très luxueuses entre 1000 et 1500 leke (plus ou moins entre 8 et 12€ la nuit, c’est un vrai bonheur de monter la tente… Demain! Oui je sais ça fait tout de suite beaucoup moins baroudeur de dire ça… Mais aussi avec des repas entre 100 et 500 leke soit 0,8 à 4€, c’est dur de sortir le réchaud. 

Bref que dire de tout cela? Que je me suis réveillé ce matin, sans courbatures, ni trop de douleurs. Que j’ai pris conscience que j’étais capable de bien plus que je ne l’imaginais et que cette leçon était certainement valable dans beaucoup d’autres domaines de ma Vie. Que mon corps était maintenant bien entraîné et faisait preuve d’une résistance que je n’aurai jamais soupçonné! Que mon mental même affaibli ne m’a pas lâché, que je me suis senti beaucoup plus fort que je ne le pensais même dans ma vulnérabilité, et qu’après tout ça… J’étais plus déterminé que jamais, et que j’avais une très grande confiance en ma capacité à arriver à atteindre mes objectifs. Bref le genre de journée hyper difficile, mais dont les leçons précieuses valaient tous mes craquages, mes hurlements de désespoir et toutes les larmes de mon corps… Le genre de journée où les côtés rudes, rugueux sont plus riches d’enseignements que tous les bons moments du Chemin. Car c’est ce genre de journée qui fait le pèlerin!!!

Ça va aller plus vite alors!!! Qu’est ce qu’on ferait pas pour vendre de l’essence…


 Car finalement une chose est sûre, si c’était à refaire… Je le referai!!!

Italia ti amo, portfolio

A la famille Mattarozzi qui fait que j´ai du sang Italien, et que cela m´a bien fait vibrer de marcher sur les terres de mes ancêtres: Bande son du texte: https://www.youtube.com/watch?v=KLGY_htXtPI
C´est ici que je retrouverai de l´équilibre
La Spezia
Riomaggiore parc National Cinque Terre
Vernazza Cinque Terre
Fosdinovo
Pietra Santa
Pietra Santa
Du nord au sud, de déclarations d´Amour plein les murs…
Gros coup de cœur
Sur un balcon chez des particuliers, Fucecchio
San Miniato
Monteriggioni
Da international pilgrim team reprazent for Sicilia, California y Francia
… Ami(e)s
Piazza del Campo Sienna
Francesca pèlerine sicilienne
San Quirico dÓrcia street art
Zona di ripopolamento
Les domaines en Toscane
Perugia street art Sider
Yoh qui fait du stop involontaire avec la polizia, c´est le flic qui prend la photo
Perugia street art
Objectif atteint!!!!
Parco del Monte Subasio Assisi
Partout en Italie le fight entre Fafs et Antifa… Flippant, la bête immonde n´est pas morte
Das Carpaccios bientôt en concert dans une boucherie, véridique!!!

Masseria atipica Castellana Grotte

Olivier Castellana Grotte

Castellana Grotte

Gouffre grotte Putignano