Dire ma foi!…

Pour San Francesco di Assisi (Saint François d’Assise) que je ne connaissais pas il y a peu. Mais que j’ai beaucoup prié ces temps-ci et dont les réponses, la douceur, la pertinence, la bienveillance et le soutien m’ont touché droit au cœur.
Bande originale du texte:

« Bon allez j’envoie les gros mots?… »

Dire ma foi!…
Cela n’a pas toujours été facile de m’affirmer dans ma foi. Mais pour moi le temps est venu de témoigner.

Chemin d’Assisi


J’avais pas prévu la foi sur mon parcours. La tradition familiale c’était plutôt « les flics et les curés tous des cons », et ambiance communistes convaincus côté paternel. Ado, je me suis éduqué à travers le punk. Merci à vous les Bérurier Noir, je vous dois beaucoup. La philosophie anarchiste, du peu que j’en connaissais m’allait bien. Pour moi la religion n’était qu’un instrument d’oppression, de manipulation, un instrument de pouvoir dangereux et fourbe. 

A la croisée des Chemins


Mais voilà qu’un beau jour de septembre 1995, je me retrouve dans un foyer de jeunes travailleurs, ce qui n’était pas tout à fait prévu dans mon projet. Foyer rempli de gueules cassées et de gens bien abîmés par les épreuves de la Vie. J’étais moi-même dans une situation de merde, que j’avais bien cherché… J’ai rencontré deux jeunes musulmans fracassés par leurs parcours respectifs. Un orphelin punk des rues et toxico et un gars qui avait passé une partie de son enfance enfermé dans un placard et régulièrement tabassé par son père. La Vie avait été rude pour eux et ils s’étaient relevés de ces épreuves grâce à leur foi. Je me sentais alors au plus bas avec beaucoup à reconstruire en moi. Je me suis alors dit, si eux qui ont vécu l’horreur s’en sont sortis par la prière alors peut-être que ça marche et que je devrais essayer. J’ai commencé à prier, à tâton avec mon background anar: pas de maître à penser, pas de religion, pas de livre de référence. Juste un tête à tête unique avec le Divin. 

Arrivée émouvante sur Assisi


J’ai commencé à m’apprivoiser et à vivre dans la prière. Discrètement, en cachette mais avec une envie grandissante qui depuis ne m’a, presque, jamais lâché. Peu à peu je me suis construit dans ma foi mais toujours avec le même background. Pas envie de convaincre, le prosélytisme me fait horreur. J’ai juste envie de vivre ma pratique personnellement. De ma période anar je garde une vive répulsion quant à l’outil d’oppression que peuvent être les religions, les gens qui tuent au nom de Dieu, c’est pour le diviseur, le côté obscur qu’ils bossent en réalité, ceux qui ignorent ou blâment ceux qui n’ont pas les mêmes croyances et qui préfèrent rester dans un entre soi stérile, entre gens « blen ». Jésus traînait avec des prostitués, des gueules cassées… Des gens qui avait besoin de lui en fait.

Assisi


À mes yeux croyant ou pas croyant, on s’en fout finalement. Cela ne définit, en aucun cas, la valeur d’un être humain. Je connais des athées ultra convaincus qui ont une « foi » bien plus belle, bien plus ouverte que nombre de croyants enfermés dans leurs dogmes, avec si peu d’ouverture à la Vie. Parfois j’aime parler de ma vision de Dieu, sans vraiment le nommer, avec des athées. En effet en changeant les gros mots, les mots qui peuvent faire peur: Dieu, prière, foi par d’autres: la Vie, l’intention profonde, la conviction et bien d’autres discrets synonymes on arrive souvent à se comprendre. Pour ma part le point de rencontre, le croisement, le vrai phare dans la nuit entre croyants et athées c’est l’Amour. Il me semble qu’à partir du moment où l’on se réfère à l’Amour, quel que soit le nom qu’on lui donne, j’ai l’impression que l’on va dans le bon sens, celui de la Vie! 

Basilique San Francesco di Assisi


La notion de liberté est aussi centrale. Le Dieu auquel je crois me veut libre, il ne m’a jamais dit: « crois en moi, petit homme!! » Lui même me laisse libre de croire en lui ou pas. Alors qui sont ces hommes pour qui hors de l’Eglise ou de l’Islam point de salut?  

J’aime ce Jésus qui dit: c’est la loi qui est au service de la Vie et pas la Vie qui est au service de la loi. C’est tellement d’actualité que l’on soit croyant ou pas. 

San Arcangelo


J’ai vu un autocollant dont le slogan était: anarchiste chrétien « … Ni maître! » Inspiré de la devise anarchiste ni Dieu, ni maître. J’ai adoré! Encore une fois croyant ou pas on s’en fout. La vraie question semble dans le sens de la Vie ou dans celui de la non Vie?

Basilique de Montepulciano


Est-que mon action va dans le sens du Vivant ou à son encontre? L’Humain a besoin de Vie. La Terre, notre seule et unique maison souffre. Il est temps de sentir ce que nous pouvons faire en tant que petits bouts de Vie pour prendre soin du Vivant. L’enjeu est d’importance! N’oublions pas que pour prendre soin de la Vie, il faut d’abord prendre grand soin de la première source de Vie à laquelle on a directement accès: soi-même!! Ce n’est qu’après une fois ajusté que l’on peut aller au delà. 

Assisi


Après que l’on ai besoin de demander par la prière un coup de main pour pouvoir être vraiment dans la Vie, ne regarde finalement que nous.

Après des mois de survie mon pèlerinage est ma réponse pour dépasser mes souffrances et sortir de la victimisation tel Calimero (oui, je sais j’ai des références hyper balaise!!!) « c’est trop injuste ». Mais le pèlerinage peut être un chemin de foi…ou pas. En fait c’est juste un moment d’itinérance qui favorise le retour à soi, l’introspection, un rapport privilégié à son corps et à tout son Être, une redécouverte de l’Autre et de la Nature, mais surtout de la magie de la Vie! La destination importe peu, ce qui compte c’est le Chemin. Pour ma part aller voir la terre sainte c’est aussi aller vers ma terre sainte intérieure à savoir le meilleur de moi-même!

C’est là que je vais…


Dans mon cas c’est une démarche altruiste, quoi qu’en pensent certain de mes détracteurs pour qui je ne suis qu’un sale égoïste. Car c’est pour TOI (oui, oui!!!), c’est pour vous et le Vivant dans son ensemble que je vais à Jérusalem pour porter nos prières, nos intentions profondes à la Vie. C’est mon Chemin, faire pour le coup mon boulot de croyant. C’est au nom de l’Amour que j’agis, sur ce Chemin où je cherche à faire la Paix et à entrer en Amour avec moi-même. C’est juste ma façon de chercher à aller boire à cette source si pure de l’Amour inconditionnel que chacun(e) nommera bien…comme il le voudra!

Sienna

Peace, One Love, bless!
« Ni maîtres!… »
Grazié! Grazié mille San Francesco di Assisi ti amo!!!

🙏❤️🙏

Instantanés

Pour Claire la mère de mes enfants pour qui j’éprouve une immense gratitude de me permettre de vivre cette expérience plus que magique. Sans elle rien de tout cela n’aurait été possible. Merci!!!
La bande originale du texte:

Plutôt qu’un grand texte très construit, voici quelques moments comme des clichés Polaroïd littéraire qui font mon Chemin et m’emmènent à une vraie révolution intérieure. 
La joie de ce doux moment lorsque mon bivouac est enfin rangé, où j’ajuste Hector: mon sac à dos et que je fais enfin mes premiers pas. 


Avoir cette phrase de Denis en tête « Ce moment n’a jamais existé avant et n’existera plus jamais » et déguster alors chaque micro-secondes du Voyage de ma Vie. 


Comprendre que rien ne dure et découvrir dès la 24e nuit de bivouac que mon matelas se dégonfle en moins d’une heure, et passer ensuite toutes mes nuits à plat depuis. En espérant trouver une grande enseigne de sport bientôt. 
Me sentir un peu paumé et apercevoir une superbe biche traverser le chemin, qui m’apercevant prendra la fuite en remontant vers moi sur un champ en contrebas passant ainsi à 3 ou 4 mètres de là où je suis. Quelle beauté, c’est ce que j’appelle l’âme agit du Chemin. 
Craindre très fort de blesser les enfants de par mon absence, les avoir au téléphone en leur donnant tout l’Amour que je peux, l’humour et la joie de vivre les sentir bien malgré le manque. 
Passer 24 heures parfois moins avec des gens et sentir que ce sont des ami(e)s. Les quitter avec émotions, abrazos, hugs, abbraccio…


Me sentir en mission comme un facteur spirituel, récolter intentions, prières, souhaits pour les amener à Assise ou Jérusalem. En particulier celle d’Umberto ou les lettres de Fedes, Sue et Francesca mon international Pilgrim team! N’hésitez pas non plus si vous avez des choses à faire voyager…


Me retrouver à 23:00 dans le parc national de Cinque Terre, à marcher à la frontale sans trouver de lieu de bivouac autre que d’horribles toilettes de randonneurs (oh! Brûlez votre pq les gens!!!) ou des dévers désagréables. Finir par trouver et me dire qu’il fait bon et me dire je me fais ma première nuit à la belle étoile… Pour qu’à 4 heures du matin, il me tombe une grosse pluie dessus!


Marcher toujours à la frontale et être accompagné d’un magnifique vol de lucioles. 
Découvrir avec ravissement l’incroyable élégance italienne, en particulier chez certaines femmes très raffinées à la beauté troublante… Et arriver couvert de la noble poussière du Chemin, trempé de sueur avec ma dégaine de randonneur vagabond…
Découvrir qu’en Italie tout est propriété privée et vidéo surveillance, de l’improbable place de parking au milieu de nulle part mais aussi des rues entières et des plages où l’on ne trouve que des bains payants a des kilomètres à la ronde. Ah la notion de propriété!…
Marcher une étape tristounette de zone industriel en zone industrielle et arriver à Pietrasanta, y être accueilli par un sculpture de Botero et traverser une ville où tout n’est qu’oeuvre d’art, galeries ou goût très fin. Une merveille. 


Chercher mon auberge à Lucca, quand un homme me tape sur l’épaule en pleine rue. 

« Bonjour vous êtes pèlerin? » 

« Oui »

« C’est vous qui allez à Jérusalem? »

« Euh… Oui! »

« Alors venez je vais vous montrer où vous allez dormir ce soir!… »

C’était l’enthousiaste Stephano prévenu de mon arrivée par l’auberge précédente. Radio Camino fonctionne en Italie aussi. 
Passer dans des bars pour y faire une pause, charger téléphone et batterie et ne pas pouvoir payer mes consos! Le patron allant même jusqu’à faire des selfies avec le pèlerin de Jérusalem… Plus fort encore le patron du bar « Rendez-vous » à Pienza ira chercher une bouteille de jus de fruits et un sac de gâteau maison en me disant:

« For your breakfast!!! » Ressentir alors une immense gratitude!
Être bien conscient que toutes ces douces attentions sont l’expression de la Vie qui me dit « Continue Yoh, t’es sur le bon Chemin.. » Des signes fort qui réchauffent durablement mon cœur. 

Arriver à Monteriggioni et rencontrer Fedes un pèlerin sicilien très sympa! Après avoir discuté avec lui et son hospitalier, Kostel qui enchanté par mon projet m’offrira une nuitée dans sa superbe auberge pour pèlerin au cœur de la cité médiévale. Quel beau cadeau et quel honneur! J’y passerai une soirée et une nuit magnifiques. Que de gratitude à témoigner!!!


Entrer en transe de marche, oublier souffrances, poids du sac à dos et soucis pour marcher d’un pas rapide agile et sûr pendant des heures, en joie, et sans la moindre fatigue!


Marcher depuis des heures écrasé sous un soleil de plomb, dans une chaleur humide intense sur une cote qui n’en finit pas de grimper et craquer. Craquer complet! Pleurer toutes les larmes de mon corps… En une étrange et indicible émotion faite d’un mélange étrange

de douleurs, de tristesse, de détermination à aller jusqu’au bout, de sensation d’être perdu, du poids énorme de mon sac à dos, de souffrance, de joie, de fierté, de grande bienveillance pour ce que je suis en train de subir, de faire. Arriver ensuite dans un monastère, aller prier à genoux dans l’église… Et lâcher les vannes, des litres de larmes et de sanglots étouffés, sensation d’être au bout de moi-même! M’apercevoir qu’une fontaine coule dans l’église!!! Prendre la décision d’aller y boire en pleine conscience, trois fois pour me rappeler la Trinité… 

Me délecter de cette eau fraîche. 

Reprendre ma route et vivre l’état de calme et de sérénité le plus intense qu’il m’est été donné de vivre…


Sentir les larmes me monter à nouveau par le simple fait de décrire cette expérience mystique, cet état de grâce…

Si comme l’on dit les larmes nettoient l’âme alors la mienne va être bien propre!…
Sentir que je n’ai plus rien à demander, plus rien à attendre de personne ou du Chemin. Mais juste à accueillir les choses, la

Vie telles qu’elles sont et non pas telles que je voudrais qu’elle soient. C’est la notion de lâcher prise comme je la comprends. 
Prendre conscience en humilité de ma beauté intérieure et avoir d’autant plus envie de nettoyer les merdes, les mesquineries et les inutiles colères ou jalousie qui m’encombrent. Trouver mon

cygne, lâcher le vilain petit canard…
Être très conscient que je ne suis jamais aussi heureux que dans les bras de la Providence. Que je ne peux pas, encore, passer ma Vie sur le Camino. Que je dois trouver une solution pour garder cette ouverture quand je serai de retour à la maison pour le grand pèlerinage du quotidien…


Sentir de plus en plus fort mon besoin de témoigner,

de donner envie et d’accompagner les candidat(e)s au départ de l’incroyable puissance, pertinence, de l’accélérateur de résilience et tellement plus qu’est le pèlerinage!


Avoir totalement confiance en la Vie et donc finir enfin par accepter d’avoir confiance en moi… Puisque je suis moi aussi une part de la Vie!


Me dire qu’à travers toutes ces belles rencontres, toutes ces touchantes attentions, toutes ces magnifiques bénédictions que je reçois sur le Chemin avec une infinie gratitude, il y a le Vivant qui prend grand soin de moi, pour qu’à mon tour, je prenne grand soin du Vivant. 


Vous dire que je vous amène toutes et tous dans mon cœur où il y a de plus en plus de place pour Jérusalem et ma Jérusalem intérieure, que je vous aime fort et que la Vie est belle. 


Verser encore quelques larmes pour être bien sûr d’être propre…

Et le Divin dans tout ça? L’Univers, la Vie…?

« A Morgane Lefèvre, dont le voyage de Briançon vers l’Inde à pied m’a beaucoup inspiré et dont les conseils d’avant départ m’ont été si précieux. C’est un peu grâce à elle que je suis là, merci Mo!!!
La bande originale de l’article:

Dead can dance…


20h10, je suis en terrasse dans in petit village de Toscane en Italie. Je ne sais toujours pas où je vais dormir ce soir et cela me va bien, le patron m’indique toutes les auberges pour pèlerin à venir mais cela ne m’intéresse pas. Douché de ce matin, ma tente me suffira amplement. 


Voilà une semaine que je suis en Italie et ça y est je me sens enfin en mode pèlerin. Je suis donc en quête de moi même et de mon étincelle divine intérieure pour moitié et moitié vagabond en recherche de Lumière.


 Parfois je me demande comme cela m’a été reproché le jour de mon départ de n’être qu’un sale petit bourge plein de caprices, mais en fait non. Le pèlerinage est exigeant et demande de l’investissement, financier, temporel, en disponibilité, c’est un choix, je l’ai fait, je dois l’assumer. Je suis actuellement sur la Via Francigena, l’équivalent du Camino Frances qui va vers Compostelle mais vers Rome, en version Italienne, une merveille

J’ai pris conscience hier que rien ne me rendais plus heureux que l’itinérance pèlerine au long cours. Je crois, non je sais que je n’avais pas été aussi heureux depuis précisément 7 ans! Depuis que nous étions sur les chemins vers Compostelle. Ce voyage que nous avions fait pour souder notre famille (!!!), 


ce voyage où il y avait de l’espoir… Celui la c’est la détresse et la souffrance qui m’y ont poussé dessus. Qu’importe! Le résultat est le même, je suis heureux comme jamais je ne le suis en dehors du Chemin. Encore une fois je suis amoureux du cammino avec deux m cette fois-ci, italien oblige. Je sens profondément en moi que la forme du pèlerinage me va bien et que c’est vraiment moi qui m’exprime là. 

Expérimenter le Divin au travers de mon corps, de l’itinérance,


du coté très mouvant où chaque journée est différente de la précédente. Pas de routine, juste balloté par les flots de la vie. Simplement vivre la sensation d’être. J’ai un rapport plus étroit, plus proche à mon corps, dont j’ai à prendre grand soin car sans lui rien de tout ça n’est possible! J’ai, luxe inouï, dans notre époque du temps pour méditer, pour prier pour toi, pour nous, pour vous, pour le Vivant sous toutes ses formes. Je rencontre mes semblables ces gens en quête d’eux mêmes, de Vérité, de Vie. C’est parfois dur. Je ne parlerai pas du manque des enfants, tant j’en ai déjà parlé… C’est une constante, ça ne change pas et c’est à gérer. Mais juste au niveau logistique dans la tente c’est réveil vers 5 heures du mat’, le bivouac à ranger. C’est partit pour entre 5 et 8 heures de marche avec 16 à 20 kilos sur le dos suivant les ravitaillements, 

la quête perpétuelle de l’eau, la sensation étrange de ne quasiment jamais savoir où l’on va dormir. Surtout quand il se fait tard. que la météo est mauvaise et que l’on est en ville… Si, si ça arrive! Dans ces moments là, il est bon de lâcher prise et de s’en remettre à la Providence qui nous dépasse et sait bien mieux que nous-mêmes où nous devons être. 

Être en pèlerinage à pied c’est de prendre conscience, d’accepter et d’assumer notre part de fragilité humaine et de s’en remettre totalement à plus grand que nous. 


C’est découvrir qu’au cœur de cette fragilité qui est notre lot à tous nous les humains se cache une grande force, une force qui nous dépasse : la Divine Providence. Quelle expérience puissante et à contre courant de ce désir de sécurité très fort dans notre société, désir qui nous coupe d’une part de la magie de la Vie. Quel bonheur de se retrouver, de se reconnecter à son corps, à son être profond, à la Nature, à l’intensité de la Vie, de l’Autre et d’être enfin dans l’acceptation de ce qui est… Et pas dans ce que l’on voudrait qu’il soit. Parce-que nos petits désirs sur le Chemin, quand ça veut pas, ça veut pas. Alors cap ou pas cap de m’en remettre à la Providence, de tout lâcher et de me laisser porter dans les eaux tumultueuses de la Vie. Accepter de ne pas gérer grand chose, d’être heureux au cœur même du Vivant dont nous sommes nous mêmes une partie. La Vie qui expérimente la Vie dirait Denis. 

En cette période où l’Humanité est en quête de sens, quelle chance j’ai de pouvoir expérimenter tout cela et d’en croquer les fruits, les bons comme les pourris. Quelle chance de pouvoir laisse parler mon âme à travers les aléas du Chemin que ce soit dans sa rudesse ou dans se beauté. Je me sens vivant comme jamais ailleurs. Je me sens profondément fait pour ça mais pas seulement pour moi. Pour témoigner aussi surtout. Je pense avoir à donner envie, à expliquer et à transmettre l’incroyable puissance et le formidable outil qu’est le pèlerinage, le vrai! Il faut le remettre au goût du jour, c’est si pertinent, si intense. Que l’on soit branché spiritualité ou pas, croyant ou pas, qu’importe cela fait sens pour tout le monde. Le tout c’est d’avancer tant que ces chemins tant extérieurs qu’intérieurs 
pour ensuite mieux comprendre le vrai grand pèlerinage de notre existence. 

Confianza

« A Lydia, une grande dame et une amie chère à mon cœur qui se surnomme parfois Confianza… »

Bande son du texte, inna reggae music style… One Love !

Voilà déjà deux semaines qui sont passés sans que je ne prenne le clavier. Il est temps pour moi de revenir sur ces 15 derniers jours, qui ont été les plus riches depuis mon départ. Après plus de 380 km à m’éloigner de ma vallée sans jamais la quitter intérieurement ou affectivement, je suis donc rempli de très mauvaises énergies. Je prends conscience des souffrances que je me suis imposé moi-même avec mes inter…minables ruminations. Arrivé à Vienne, accompagné par ce Rhône qui m’inspire et me charme tant, je réussi enfin à lâcher prise, à lâcher ces sales souvenirs accompagnant mon départ. Je commence à vivre mon voyage, il était temps. Je m’allège enfin un peu… Après avoir passé 15 jours dans les bois, le plus souvent seul, en pleine nature, et une fois passée la satisfaction d’y être allé à pied depuis la Canarié (34), l’arrivée sur Lyon est bien rude. Le monde, le bruit, le danger marcher sur cette bretelle d’autoroute était décidément une très mauvaise idée, la peur,

Quand un graff te dis en direct que tu fais n’importe quoi…

l’absence de Nature tout cela m’agresse au plus haut point. Je filerai donc en voiture avec Kynzie, Seb et Ashanti à côté de Louhans, pour être bénévole sur le premier festival Dharma Techno :

Oh des chamallows de 2m3

https://www.dharmatechno.org/fr/festival/
Le site est superbe, un signe y habite, c’est un cygne ! 

Commence alors la mise en place du festoche, l’organisation et les équipes de bénévoles se mettent en place.

Repas/Réu bénévole…

Flow très pro, au taquet

Au fur et à mesure que la date approche, la tension monte agréablement et nous sommes déjà heureux de partager ces instants précieux ensemble.

…Spiral kid…

Le public arrive, les parkings se remplissent, les tentes se montent, ça y est les festivités sont lancées ! Quel bonheur, mes soucis me semblent tout à coup bien dérisoires et secondaires. Là je revis, je suis enfin dans l’ici et maintenant. J’évolue avec un entourage positif et joyeux et je me reconnecte avec ma sociabilité que j’avais vraiment occulté ces long derniers mois. Je rencontre des grands noms de la techno, dont une partie de l’équipe SP23, je pose beaucoup de questions qui sont en fait des « private interviews » pour mon plus grand plaisir, je fais des photos, je médite, je rencontre tant de belles personnes. Je suis enfin ce vrai Yoh au naturel que j’avais complètement perdu de vue derrière la pâle copie insipide de moi-même que j’étais devenu ces dernières années. Enfin libre d’être qui je suis, sans crainte du flot de reproches qui m’étouffaient tellement.
J’ai la sensation, justifiée, de vivre un moment rare, unique, singulier, précieux, précurseur, super novateur et plein de sens. Je respire enfin ! Que de bienveillance, que d’Amour, que de joie, que de bonnes vibrations, quel bonheur de prendre part une fois encore à cette fantastique aventure humaine qu’est Dharma Techno !!!

La programmation artistique est particulièrement pertinente

Mr Gyosen Asakura moine bouddhiste et DJ techno japonais avec Gabrielle sa super traductrice

la météo est au beau fixe, les sourires illuminent les visages. Ces quelques jours hors du temps, c’est tout simplement du bonheur à l’état pur. Le festival est une vraie réussite, on est au début de quelque chose de grand, de quelque chose de beau, de quelque chose de si précieux, bref au début d’un vrai mouvement… Belles énergies, on médite, on fait la fête, on danse, on partage sans se faire de mal, ni alcool, ni drogues ne venant perturber l’expérience. Un immense et sincère merci à toute l’équipe de Dharma Techno, à tous les bénévoles et à ce public magique, tous ensemble nous avons expérimenté un nouveau rapport à la musique, à la danse, à la méditation, au corps, à l’Autre, dans une ambiance chaleureuse et pleine d’Amour. On a juste envie que cela prenne de l’ampleur tant la dynamique est belle. Mais c’est déjà en cours…
On sera encore là l’an prochain, plus motivés que jamais. Et pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de prendre part à cette magnifique aventure, je mettrai les images qui vont bientôt paraitre en ligne ici-même. Embrassades, émotions, gros câlins, big hugs ou fuerte abrazos suivant les idiomes et beaucoup de larmes de bonheur, nous nourrissent. Nous avons la sensation d’avoir partagé là un très beau moment d’Humanité, merci, merci la Vie !
Vient le moment de ranger, un peu crevés malgré les litres de Bomba, pour beaucoup nous sommes dans l’émotion, que de beaux moments vivrons nous encore pendant le rangement final.
Mes soucis semblent étrangement futiles, tellement loin, tout me pousse à aller de l’avant, loin de ces merdes de mon passé qui m’encombrent encore.
Pas intégriste du 100% à pied, nous décidons alors de regagner lentement le sud de la France, en voiture, en une si belle parenthèse totalement inespérée, inimaginable et tellement riche de bonheurs intenses, aux frontières du surréalisme…

…Regards et sourires…


Ma semaine finira par une halte chez des ami(e)s de très longue date à la Ciotat (13) chez Juan

Home made salle de muscu…

et une autre à Montauroux (83) chez Amélie, que de bons moments pour clôturer cette semaine ô combien magique… Mais il est temps pour moi de bouger cet après-midi, de reprendre la route pour l’Italie, ma route vers l’Est.

 Après avoir vécu une période bien sombre de ma Vie, sentir en moi ce puissant besoin de (re)vivre est si précieux. Je pense que le format du pèlerinage me convient tout particulièrement, tant je comprends que c’est un outil puissant et magnifique, tellement plein de sens. Peut-être un jour aurai-je l’occasion de travailler à le faire connaitre, à son renouveau et à œuvrer pour son développement, on verra en temps voulu mais j’y pense beaucoup… En fait au fond de moi, je sens qu’il n’y a que dans les bras de la Providence que je suis vraiment bien. Mon bonheur ce trouve dans l’expérience de mon étincelle divine intérieure, dans la Vie dans toute sa splendeur qui n’est jamais aussi belle et pleine de sens à mes yeux que lors de l’itinérance pédestre au long cours… Un hospitalier sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle, m’avait dit un jour le chemin est la réalité, le reste n’est qu’illusion…
Maintenant il est temps de partir au bout de moi-même, d’aller voir ailleurs si j’y suis, de travailler activement à ma reconstruction qui a déjà bien avancé, d’expérimenter la Vie et la Divine Providence de façon beaucoup plus intense, en conscience : je suis une part de la Vie qui observe la Vie, quelle révélation, merci Denis !!!

  1. J’y crois, en fait là, j’ai totalement confiance en la Vie et en ma place au sein d’elle même !!!

Confianza…Va peregrino va ! Confianza !!!
One Love !
Yoh

Ps: ami(e)s abonné(e)s mon application pour le blog marche de moins en moins, je vais faire des modifs après la mise en ligne. Un peu compliqué pour moi d’alimenter mon blog avec soin depuis mon téléphone. Vous pourrez voir l’article fini sur le blog… Désolé!